Aztèques
AZTEQUES
En moins de 200 ans un humble peuple nomade chassé par plus puissant que lui, devint le maître de la vallée de Mexico et de ses environs. Ils attribuaient leur succès à Huitzilopochtli et adoraient conter la glorieuse épopée de leur longue errance dans le désert.
À l'origine, les Aztèques ne sont pourtant qu'une tribu de nomades ou de semi-nomades qui se déplacent dans les steppes septentrionales du Mexique, vivant de la chasse et de la cueillette, et peut-être d'une agriculture épisodique.
A la suite d'autres Chichimèques (peuples «barbares» venus du Nord), ils se sont introduits, au XIIe siècle, sur le plateau central, haut lieu des civilisations mexicaines depuis le début de l'ère chrétienne (ainsi Teotihuacán, dont l'apogée se situe entre 300 et 600 après J.-C.). Des manuscrits aztèques, les codex, décrivent cette errance à partir d'un lieu légendaire, Aztlán, d'où la tribu tire son nom: Azteca signifie en effet, dans la langue nahuatl, « les gens d'Aztlán ».
Reconstitution virtuelle de Tenochtitlán
Quand les Aztèques arrivent sur le haut plateau central, la brillante civilisation toltèque, établie autour de Tula depuis le Xe siècle, s'est déjà effondrée (chute de Tula en 1168), pour des raisons mal connues. Les Toltèques se sont dispersés sur le plateau et au-delà; les Chichimèques, civilisés à leur contact, également. Ils ont constitué des dizaines de petites seigneuries, dont les capitales ne sont séparées souvent que de quelques kilomètres. Chacune s'enorgueillit d'une ascendance toltèque, laquelle représente et ce jusqu'au XVIe siècle noblesse et légitimité. Les Aztèques sont les derniers venus dans la vallée de Mexico, occupée en son centre par un chapelet de lacs et de lagunes; ils trouvent toutes les bonnes terres prises et sont traités partout en parias.
Leur première tentative de sédentarisation a lieu à Chapultepec, sur la rive occidentale du grand lac de Texcoco. Mais les Aztèques s'attirent l'hostilité des cités voisines, qui se liguent pour les combattre. Décimés, ils doivent se réfugier au sud du lac, près de Colhuacán, vers 1299. Ils obtiennent du souverain local la permission de s'établir à proximité, sous condition de tutelle. Relégués sur des terres rocailleuses, asservis, ils profitent cependant de cette période de répit, qui durera quelques années, pour se «toltéquiser».
Chassés de nouveau, repoussés de toutes parts, ils sont refoulés au milieu des marécages du lac Texcoco, où ils vont s'établir définitivement, en 1325, sur un groupe d'îlots inhospitaliers. En effet, ils y découvrent le signe attendu de la «Terre promise» décrit par leurs prêtres-devins à l'origine de leur migration: un aigle posé sur un cactus, au milieu d'une végétation aquatique. Tenochtitlán (Mexico) est fondée.
L'empire aztèque se constitue en un peu plus d'un siècle. Par la guerre et la diplomatie, les anciens parias imposent leur hégémonie sur les petites seigneuries du haut plateau. En 1375, Acamapichtli devient le premier souverain aztèque; il est reconnu descendant de Quetzalcóatl, le roi-prêtre de Tula qui se confond dans la légende avec le dieu Quetzalcóatl, le Serpent à plumes. Le Cem-Anahuac, "le Monde Unique". A son apogée au début du XVIème siècle il reste quelques enclaves indépendantes dont Tlaxcala, république aristocratique et militaire farouchement opposée à Tenochtitlán. Les gouverneurs aztèques installés avec de fortes garnisons aux places stratégiques gardent les frontières de l'empire.
La "Triple Alliance" réunissait Tenochtitlán, Texcoco et Tlacopan. En cas de conflit, trois délégations d'ambassadeurs représentant les trois villes se rendaient successivement dans les cités auxquelles la Triple Alliance s'apprêtait à faire la guerre. À cette époque règnent sur la vallée deux autres puissances: Azcapotzalco, cité tépanèque avec pour souverain Tezozómoc, et Texcoco, ville fondée par les Toltèques à l'est du lac homonyme, que l'on surnommera l'«Athènes de l'Amérique» à cause de sa civilisation raffinée. Allié aux Mexicas, Tezozómoc, guerrier et fin stratège, réussit en 1418 à s'imposer à Texcoco. Mais un renversement d'alliance s'opère en 1426, lorsque Tenochtitlán et Texcoco s'unissent contre le nouveau dirigeant d'Azcapotzalco. L'ancienne puissance tombe en 1428, et Texcoco retrouve le tenant légitime de son trône. La Triple Alliance est désormais scellée pour un siècle entre les cités de Tenochtitlán, Texcoco et Tlacopan; elle sera bientôt dominée par Mexico, Tlacopan restant une comparse, alors que Texcoco s'affirmera comme un centre brillant des lettres et des arts.
Vestiges actuels de Tenochtitlán
En 1440, Moctezuma Ier succède à Itzcoatl. Fondateur de la grandeur mexica, Moctezuma, qui a alors quarante ans, entreprend très rapidement une guerre qui durera jusqu'à l'arrivée des Espagnols contre les peuples nahuas qui vivent de «l'autre côté des volcans», à l'est, dans la vallée de Puebla, où se trouvent les seigneuries indépendantes de Tlaxcala et Cholula. Ce combat perpétuel, surnommé la «guerre fleurie», n'a pas pour but de vaincre ni de soumettre, mais de capturer le plus de prisonniers possible, afin de les offrir en sacrifice aux dieux. En effet, le sang humain, «eau précieuse» rituellement versée, permet seul, dans la conception religieuse et la cosmogonie aztèques, la survie des dieux et la perpétuation du monde.
D'autres guerres entreprises par Moctezuma Ier et ses successeurs ont pour objectif d'étendre la domination aztèque sur les riches contrées tropicales du Sud, de l'Ouest et de l'Est qui regorgent de plumes chatoyantes, de pierres précieuses, de coton, de cacao: autant de denrées fort appréciées de la noblesse aztèque et absentes de la vallée de Mexico. Moctezuma Ier soumet peu à peu des villes importantes et des régions entières jusqu'aux confins du Guatemala actuel. Sous les règnes d'Ahuitzotl (1486-1502) et de Moctezuma II (1502-1520), la suprématie aztèque se renforce encore.
Fondée sur l'héritage toltèque, enrichie par l'apport des diverses cultures des pays soumis ou alliés de l'empire, animée surtout par le formidable dynamisme de son peuple, la civilisation aztèque a produit, dans de nombreux domaines, notamment artistiques, des œuvres remarquables et en 1519, le bassin de Mexico abrite entre 1 million et 1,5 million d'habitants, soit une densité de 200 h./km2, pour une superficie de terres cultivées qui ne dépasse guère les 3 000 km2. L'espace propice à la culture est en effet très réduit, à cause notamment de la faible épaisseur des sols, de l'érosion, de la présence de nombreux lacs et marécages. Le génie aztèque a su pourtant en tirer un profit maximal grâce à des techniques agricoles originales: fumage des sols avec des excréments humains et animaux, irrigation, dry-farming, élévation de terrasses. Mais le plus remarquable est sans doute la manière dont les Mexicas ont asséché une grande partie des lacs de la vallée et mis en valeur les marais au moyen des chinampas, radeaux de roseaux fixés par des pieux et couverts d'une couche de terre boueuse où sont plantés maïs, haricots, courges et piments.
L'agriculture du bassin de Mexico et celle des régions tropicales sous domination aztèque ont donné au Vieux Monde les ingrédients d'une révolution alimentaire: le maïs, une cinquantaine d'espèces de haricots, dont les haricots verts, les citrouilles, les oignons, les tomates (tomatl), les pommes de terre, les cacahuètes (tlacacahuatl), la vanille... À cette liste non exhaustive, il faut adjoindre une boisson faite avec la graine de l'amaxocoatl, connue sous le nom de «cacao» ou «chocolat», qui connaîtra un tel succès que les Espagnols en boiront même à l'église.
Représentation de "la conquista"
Le 18 février 1519, Hernán Cortés débarque au Yucatán accompagné de quelques dizaines de soldats. Le 13 août 1521, Tenochtitlán tombe sous ses assauts; le dernier empereur est capturé, les Aztèques sont décimés et soumis à jamais. On peut se demander pourquoi un État organisé à ce point pour la guerre et une civilisation aussi élaborée se sont effondrés comme châteaux de sable devant une poignée d'Espagnols. L'explication tient sans doute au décalage technologique (les Mexica n'ont ni épées de fer ni armes à feu). Elle tient aussi au pessimisme de la vision religieuse aztèque. Moctezuma II, scrupuleux et méditatif, très attentif aux présages, croit reconnaître dans les Espagnols qui arrivent sur la côte du Mexique les représentants de Quetzalcóatl, le roi-prêtre des Toltèques, le dieu-serpent à plumes dont le retour est annoncé par d'anciennes prophéties. De plus, l'année 1519 coïncide avec la fin d'un cycle calendaire de cinquante-deux ans, qui marque la suspension du temps. Ces êtres étranges, blancs, barbus et vêtus de fer, qui lancent la foudre et possèdent des chevaux, animaux que personne n'a jamais vus au Mexique, ont tous les caractères des dieux. Les Aztèques, prêts à les accepter comme tels, ne veulent que les honorer.
L'explication de la chute de Tenochtitlán réside enfin dans la complicité active des peuples voisins, soumis depuis trop longtemps à la puissance mexica, fatigués de donner leur fortune à son empereur, et leurs enfants à ses dieux. Les Totonaques et les seigneurs de Tlaxcala rejoignent Cortés, qui se présente devant Tenochtitlán (Mexico) avec une armée de plus de 30 000 indigènes. Moctezuma hésite: il cherche la preuve qu'il se trouve devant des dieux. Il reçoit les Espagnols et prépare pour eux des fêtes, en l'honneur, notamment, de Huitzilopochtli. Mais Cortés doit regagner la côte à la hâte pour combattre des émissaires de l'Espagne venus lui demander des comptes sur son épopée. Pendant ce temps, Alvarado, son lieutenant resté sur place, organise, sous on ne sait quel prétexte, le massacre de la foule venue assister à une cérémonie religieuse. À son retour, Cortés trouve la capitale aztèque en révolte; Moctezuma, tenu responsable de la situation, est tué par le peuple. L'insurrection progresse. Assiégés, Cortés et ses compagnons doivent se frayer un chemin hors de la ville; ils sont décimés par les guerriers aztèques enragés: c'est la Noche Triste (la Nuit Triste) du 30 juin au 1er juillet 1520. Cortés en réchappe pourtant. Il va reconstituer ses forces et réinvestir méthodiquement Tenochtitlán à partir de la fin de 1520. Le 13 août 1521, au milieu des ruines de sa ville dévastée par les canons, le dernier empereur aztèque se rend aux Espagnols. Il s'appelle Cuauhtémoc, l'«Aigle-qui-tombe», c'est-à-dire le Soleil couchant; le soleil aztèque s'éteint pour toujours.
LE PEUPLE TOLTEQUE
1000 av. JC
Peuple de l'Amérique précolombienne formé notamment d'éléments nomades venus du nord et implanté dès le IXe siècle de l'ère chrétienne sur le plateau central (dans la zone que recouvrent aujourd'hui les États mexicains de Tlaxcala, Hidalgo, Morelos et Puebla), où ils recueillirent l'héritage culturel de Teotihuacán. Les Toltèques dont l'histoire nous est en partie révélée par la source indigène des Annales de Quauhtitlan développèrent sur ces territoires une brillante civilisation dont le centre principal, situé à 80 km environ au nord de Mexico, fut la ville de Tula.
Cette civilisation, à laquelle succédera la culture des Chichimèques, puis celle des Aztèques, connut son plein épanouissement entre l'an 1000 et l'année 1168, date de la chute de Tula, vraisemblablement détruite par les envahisseurs chichimèques (le mot désigne, chez les Aztèques, un peuple barbare, «issu du chien») qui, tout comme les Toltèques, appartenaient à la grande famille linguistique des peuples parlant le nahuatl.
LE PEUPLE CHICHIMEQUE
800 av. JC
Peuple du Mexique précolombien venu du Nord, les Chichimèques vainquirent les Toltèques au XIIème siècles après J.-C., et fondèrent plusieurs petits Etats sur le plateau central où ils développèrent une culture raffinée.
L'influence toltèque semble avoir eu une impulsion décisive sur la production artistique de ce peuple (parures à plumes, orfèvrerie, vêtements polychromes, …). La pyramide de Tenayuca, commencée au XIIIème siècle, est le meilleur témoignage de l'architecture chichimèque : constituée de sept structures superposées, et construite sur le modèle du temple de Tenochtitlán, elle était consacrée au dieu Quetzalcóatl. Leur capitale, Texcoco, devint un centre artistique florissant à partir du XV ème siècle, et influença notablement l'art aztèque.
LE PEUPLE MIXTEQUE
800 av. JC
Indiens de l'ancien Mexique, la civilisation des Mixteca s'est développée entre 800 avant J.-C. et 1520 après J.-C. Ils occupèrent la vallée d'Oaxaca au début du Xème siècle après J.-C, chassant vers l'Est les Zapotèques. Vaincus par les Aztèques au XV ème siècle, ils opposèrent une résistance acharnée aux Espagnols après l'arrivée de ces derniers au Mexique en 1519, avant d'être soumis. Leur civilisation influença très fortement celle d'autres peuples du Mexique précolombien.
Les Mixtèques ne semblent pas avoir produits d'œuvres architecturales originales. Ils occupèrent des édifices zapotèques, et édifièrent des temples et des pyramides, constructions typiques de l'Amérique précolombienne. Leur style artistique se distingue surtout dans la céramique, l'orfèvrerie et les manuscrits, les fameux codex. Ces derniers sont les plus beaux spécimens de la Méso-Amérique : la vivacité du dessin et des couleurs en fait de véritables œuvres d'art, ainsi que d'importances sources d'informations ; on peut ainsi citer le Codex Nuttall, et le Codex Vindobonensis).
LE PEUPLE ZAPOTEQUE
650 av. JC
La civilisation zapotèque est apparue vers l'an 650 avant J.-C., et s'est développée dans la vallée d'Oaxaca où son peuple s'établit vers l'an 300. Très avancée, elle essaima en de nombreux sites (plus de 200 ont été reconnus), dont le principal et le plus fameux est la monumentale cité de Monte Albán. Leurs tombes ont livré des urnes anthropomorphes en céramique, très caractéristiques, représentant des divinités dans un style ornemental très chargé. Influencée par les Olmèques, le peuple de Teotihuacán, et les Mayas, cette civilisation disparue avec l'invasion des Mixtèques en 1520 après J.-C.
Aujourd'hui, cette ethnie amérindienne du Mexique (Etats d'Oaxaca, du Veracruz et du Chiapas) vit dans les régions montagneuses de la Sierra Madre del Sur. Elle est estimée à environ 230 000 personnes.
LE PEUPLE TOTONAQUE
400 av.
Apparue en l'an 400 avant J.-C., la civilisation des Totonaques s'est développée entre le Vème et le XIIème siècle après J.-C. le long de la côte atlantique du Mexique. Son principal centre fut celui de El Tajín. Elle disparut en 1520 après J.-C. Aujourd'hui estimée à environ 170 000 personnes, cette ethnie amérindienne s'est établi sur la frontière des Etats de Puebla et du Veracruz (Sierra Madre orientale). Du point de vue linguistique, les Totonaques sont apparentés aux Tepehua, et sur le plan culturel, ils sont proches des Toltèques et des Aztèques.
LE PEUPLE HUAXTEQUE
400 av. JC
Peuple du Mexique précolombien, il constitue une branche du groupe maya. Aujourd'hui réduits à environ 20 000 individus, ils développèrent une civilisation originale dont l'architecture et la sculpture témoignent.
Les aztèques avaient la même religion que ses ancêtres (Olmèques, etc.), mais avec quelques ajouts; en particulier leur dieu principal était Huitzilopochtli, dieu de la guerre, rebaptisé plus tard Mexitl ou Mexicas, ainsi qu'un rituel de sacrifices humains pour que Quetzalcoatl leur accorde la lumière du soleil, et que Mexitl les aide dans leurs conquêtes.
Contrairement aux philosophies moralisatrices, la religion aztèque n'est pas basée sur la problématique du paradis et de l'enfer, du bien et du mal. Elle s'articule plutôt autour d'un concept de dualité dans lequel la vie et la mort incarneraient deux pôles complémentaires de l'existence humaine et de la création.
La religion chez les Aztèques se caractèrise par un polythéisme illimité. Il s'agit en effet d'une religion strictement fonctionnaliste c’est-à-dire que les dieux, voués à la conservation du monde, sont affectés à des taches précises d'assistance aux hommes. Cela dit il existe un culte dominant celui du dieu Soleil, Huitzilopochtli. Les Aztèques se considèrent en effet comme le peuple élu du Soleil chargé d'en assurer la marche en le nourrissant. Ce sentiment est renforcé par la réforme sociale et religieuse de Tlacaelel sous le règne des empereurs Itzcoatl, Moctezuma Ier et Axayacatl au milieu du XVe siècle. Le mythe de la création du monde chez les Aztèques éclaire cette idée.
Les prêtres, qui exerçaient l'autorité quand les Aztèques étaient un peuple migrant, voient celle-ci s'amenuiser au profit de l'aristocratie guerrière mais ils restent dispensés d'impôts. De plus leur nombre à tendance à s'accroître dans les dernières années de l'empire. À la tête du clergé l'on trouve les prêtres des deux dieux, Huitzilopochtli, le dieu tribal des Aztèques et Tlaloc, le dieu de la pluie.
La destination de l'âme dépendait de la mort. Les guerriers morts au combat ou sur la pierre du sacrifice, allaient accompagner le Soleil dans sa course durant 4 années au delà desquelles ils revenaient sous forme de colibri. Ceux rappelés par Tlaloc connaissaient le bonheur de Tlacopan le merveilleux jardin tropical. Les enfants morts en bas âge se rendaient auprès du couple primordial, Ometecuhtli et Omecihuatl, dans le Tonacaquauhtitlan ("le parc de nos nourritures") où ils vivaient sous forme d'oiseaux parmi les fleurs. Les femmes mortes en couches allaient prendre place dans le ciel de l'occident, le côté féminin, parmi les Ciuateteo ("femmes divines"). Elles se joignaient au cortège du Soleil. Quant aux autres, ils entreprenaient un ténébreux voyage de 4 ans dans le monde souterrain de Mictlan, royaume de Mictlantecuhtli. Traversant 9 fleuves, ils entraient dans le neuvième séjour des morts où ils étaient définitivement anéantis.
COSMOLOGIE AZTEQUE
Selon le mythe au commencement du monde tout était noir, sans vie, mort. Les dieux se réunirent à Teotihuacan en se posant la question de qui aurait la charge d'éclairer le monde. Deux dieux proposent leur candidature puis l'un d'eux recule devant le brasier ou il était nécessaire de se jeter : il devint la Lune. Le second, un petit dieu humble et pauvre, sans doute faut-il y voir une métaphore du peuple aztèque à ses débuts, se jette sans hésiter dans le brasier et devient le Soleil. Mais les deux astres restent inertes dans le ciel il est indispensable de les nourrir. Alors les autres dieux décident de se sacrifier et de donner l'« eau précieuse » qui est nécessaire à savoir le sang. Les hommes sont contraints par conséquent de réitérer éternellement le sacrifice divin originel.
Quetzalcoatl, sous la forme de Xolotl le "Dieu-chien", alla dérober aux enfers de Mictlantecuhtli, les ossements desséchés des morts et les arrosa de son sang pour leur donner vie aux hommes.
SACRIFICES HUMAINS
Selon la religion aztèque, le sang humain (l'« eau précieuse ») était nécessaire au dieu soleil Huitzilopochtli pour pouvoir continuer à exister. Les sacrifices humains étaient donc courants. On sacrifiait également en l'honneur d'autres dieux. Le sacrifice concernait principalement les prisonniers, mais il pouvait également s'agir de volontaires.
Ce sang ce sont essentiellement des prisonniers de guerre qui le fournissent, parfois en grande quantité comme pour l'avènement d'Ahuitzotl où sans doute des dizaines de milliers de prisonniers sont sacrifiés.
Cela explique les guerres perpétuelles des souverains successifs, l'impressionnant «fleuve de sang» dans lequel baignent les populations soumises aux Aztèques.
Les formes de sacrifices sont variées, (pendaisons, crémation, écorchement, etc.) mais la forme la plus fréquente est l'arrachement du cœur sur une victime encore vivante sur la pierre du sacrifice (Une pierre de 2,5 mètres de diamètre sur 70 cm d'épaisseur avec une dépression en son milieu à l'endroit où étaient placés les cœurs humains).
Le plus surprenant est que de nombreux Aztèques sont aussi volontaires car selon leur croyance la vie qui les attend dans l'autre monde dépend non de leurs actions sur terre mais de leur trépas et les deux morts les plus glorieuses sont le sacrifice ou la mort au combat. Les formes de sacrifices multiples correspondent à différents dieux, dont le plus puissant et le plus assoiffé de sang est Huitzilopochtli. En effet la religion aztèque assimile tous les dieux y compris ceux des peuples vaincus qui entrent dans le panthéon des vainqueurs. Soit sa personnalité est en concordance et coïncide avec celle de l'un de leurs dieux soit ils lui rendent un culte dans un temple réservé à ces dieux étrangers.
Les chroniques rapportent qu'en 1487, au cours des cérémonies votives qui ont marqué l'inauguration du Grand Temple de Mexico et le début du règne d'Ahuitzotl, 80 000 prisonniers ont été sacrifiés en quatre jours!Si ce nombre paraît exagéré, on peut raisonnablement penser que la réalité se situe entre 16 000 et 20 000 personnes immolées. Dans un sanctuaire situé au sommet d'une pyramide, les prêtres extirpent avec un couteau sacrificiel en silex taillé le cœur de la victime vivante, et le placent dans un réceptacle. Le corps est dépecé; tandis qu'un prêtre revêt la peau du sacrifié, les restes sont précipités au bas de la pyramide. Le Soleil, alimenté par ce fleuve de sang, peut continuer sa course.
LES TEMPLES
Le centre religieux In Cem-Anahuac Yoyotli (Le coeur du Monde Unique ). Tout autour du centre cérémoniel se dresse une enceinte crénelée représentant des têtes de serpents, le coatepantli ("muraille de serpents").
Au sommet de la grande pyramide (50 m de hauteur et 100 m de côté) se trouvaient deux temples. Le premier bleu et blanc était celui de Tlaloc, le second, rouge et blanc, était dédié à Huitzilopochtli. On réunissait de cette façon la religion astrale des guerriers à la vieille religion agraire des sédentaires. De nombreuses pyramides étaient reconstruites plusieurs fois, la nouvelle recouvrant l'ancienne. A chaque fois que les Aztèques agrandissaient un temple, ils plaçaient dans ses fondations des offrandes venant pour beaucoup de peuples soumis ou de civilisations disparues qu'ils estimaient comme les Toltèques et les Olmèques.
LE CALENDRIER AZTEQUE ET LES CINQ SOLEILS
Les Aztèques utilisaient deux calendriers qui coïncidaient tous les 52 ans, période où l'on craignait le pire car l'on affirmait que le cinquième soleil s'achèverait au terme d'un cycle de 52 ans. Le calendrier civil comptait 20 jours et 18 mois, donc 360 jours.
Les cinq derniers jours de l'année étaient dit néfastes ou vides. Le calendrier religieux combinait les même 20 jours avec les nombres de 1 à 13, soit au total 260 jours.
Le monde aztèque avait déjà connu quatre soleils qui s'étaient tous achevés par de grandes catastrophes. Le cinquième soleil devait finir au terme d'un cycle de 52 années et ce devait être le dernier.
Les cinq soleils Aztèques :
Naui-ocelotl "Quatre-jaguar" ou Ocelotonatiuh ("Soleil du jaguar"). Les hommes furent dévorés par les jaguars, symboles de Tezcatlipoca.
Naui-eecatl "Quatre-vent" ou Eecatonatiuh ("Soleil de vent"). Quetzalcoatl, dieu du vent et rival de Tezcatlipoca, fit souffler une tempête magique et les hommes furent métamorphosés en singes.
Naui-quiauitli "Quatre-pluie" ou Quiauitonatiuh ("Soleil de pluie"). Tlaloc, dieu de la pluie bienfaisante mais aussi dieu terrible de la foudre, détruisit cet univers en le submergeant sous une pluie de feu.
Naui-atl "Quatre-eau" ou Atonatiuh ("Soleil de feu"). Placé sous le signe de Chalchiuhtlicue, il s'acheva en un déluge de 52 ans. Un homme et une femme furent sauvés mais, ayant désobéit à Tezcatlipoca, ils furent transformés en singes.
Naui-ollin "Quatre-tremblement de terre", est le cinquième et dernier soleil et il doit s'effondrer dans des séismes. Les Tzitzimime, monstres squelettiques qui hantent à l'occident les marches de l'univers, anéantiront l'humanité. Rien ne garantissait le retour du soleil et des saisons aussi la mission des Aztèques consistait a repousser l'assaut du néant. Ils fallait fournir au Soleil et aux autres divinités "l'eau précieuse".
LES DIVINITES AZTEQUES
La religion aztèque comportait un grand nombre de dieux, en particulier pour tous les phénomènes naturels. La plupart des professions avait leur dieu protecteur et on ne saurait les dénombrer . Voici les divinités principales de la religion aztèque :
Huitzilopochtli
Le dieu du soleil et de la guerre, dieu tribal des Aztèques. C'est un des aspect du dieu-Soleil Tonatiuh. Il incarnait le soleil de midi et était autrefois selon les récits, un chef de tribu ou un magicien. C'est le dieu de la guerre et des guerriers, le dieu principal des Aztèques. La déesse Coatlicue après avoir engendré la Lune, Coyolxauhqui, et les 400 étoiles, se retrouva de nouveau enceinte. Jalouse de ce nouveau petit frère qui allait naître, Coyolxauhqui réunit ses frères dans l'intention de tuer sa mère avant la naissance. Mais Huitzilopochtli sortit du ventre de sa mère déjà armé du xiuhcoatl ("serpent de turquoise"). Il massacra les assaillants et fit rouler le corps décapité de sa soeur au bas de la montagne Coatepec.
Ometecuhtli et Omecihuatl
Le Seigneur et la Dame de la Dualité, couple originel qui siégeait au sommet de l'univers et dont étaient nés les dieux et les hommes. Ils déterminaient les destinés.
Quetzalcoatl
Le dieu du vent. Le Serpent à plumes" symbolisait les forces telluriques et l'abondance de la la végétation. Il définissait avec son frère jumeau Xolotl, le "Dieu-chien", la notion de mort et de résurrection. Inventeur de l'art, de l'écriture et du calendrier, il devint ensuite le protecteur des prêtres et de le pensée religieuse avant de se confondre avec un héros mythique. C'est le seul dieu qui ne demandait pas de sacrifice humain. Une légende aztèque racontait qu'un roi-prêtre nommé Quetzalcoatl, dirigeait le royaume de Tula au environs de l'an 1000 et qu'il interdisait les sacrifices humains. Un jour un peuple venu du nord, les Aztèques, le renversa et il dut s'enfuir sur un radeau vers l'est. Une prophétie prédisait qu'une année 1-roseau (année revenant tous les 52 ans) Quetzalcoatl reviendrait se venger. Les Espagnols débarquèrent en l'an 1-roseau, venant de l'est sur les bateaux. Il n'en fallut pas plus pour persuader Motecuzoma le superstitieux de ne rien faire contre eux.
Tlaloc
Dieu de l'eau, de la pluie et de la végétation. Il était très important dans un pays souvent confronté à la sécheresse. De multiples doubles du dieu, les tlaloques, résidaient au sommet des montagnes et lui prêtaient assistance, unissant ainsi le culte de l'eau et celui de la montagne. Il règne sur Tlacopan, domaine de ceux qui sont morts noyés ou foudroyés.
Tezcatlipoca
"Miroir fumant". Le dieu de la nuit et de la mort. Dieu de la guerre et de la nuit, il est le protecteur des jeunes guerriers et des esclaves. Il avait le don de voir tout en restant invisible et par ses maléfices il aurait chassé Quetzalcoatl de Tula et imposé les sacrifices humains.
Tlazolteotl
La Mangeuses d'ordures et ses quatre soeurs sont les déesses de l'amour charnel. C'était aussi la déesse de la lune et celle qui mangeait les pêchés des gens. Mais on ne pouvait se confesser qu'une seule fois dans sa vie aussi retardait-on le plus possible sa visite.
Coyolxauhqui
La déesse de la lune. "Ornée de cloches peintes", soeur d'Huitzilopochtli, c'était la déesse des ténèbres, de l'obscurité et de la nuit. C'était une très mauvaise femme qui se transformait en sorcière.
Xiuhtecuhtli ou Huehueteotl
Le Seigneur de turquoise ou le vieux dieu, était le dieu du feu, des volcans et du tonnerre. Il résidait dans le foyer de chaque demeure et était particulièrement vénéré par les négociants.
L'écriture Aztéque appelée Nahuatl est composée de dessisn figuratifs à mi chemin entre le pictogramme et l'idéogramme. On distingue parmi les symboles de cette écritures des éléments représentant des personnages, des glyphes, et d'autres signes servant de lien entre les glyphes et personnages. Pour certaines transcriptions, l'écriture Nahuatl fait appel aux rébus, comme dans les hiéroglyphes égyptiens. Comme les Egyptiens, les Aztèques se servirent de hiéroglyphes et de glyphes, et n'arrivèrent que très tard à une forme d'écriture primitive. Les traces d'écriture qu'il nous restent sont des manuscrits et des codex, peints sur de la peau ou du papier tiré de l'agave. La plupart des codex réalisés avant la conquête espagnole ont été détruits, mais les Espagnols en firent exécuter un grand nombre par les scribes aztèques à leur arrivée au Mexique. On y trouve des dessins plus ou moins conventionnels qui représentent des récits ou des comptes, ainsi que des signes figuratifs qui, utilisés phonétiquement, forment des rébus.
L'un de ces manuscrits, le Codex Mendoza, qui porte de nom du premier vice-roi de la Nouvelle-Espagne, don Antonio de Mendoza, qui avait ordonné sa composition, est divisé en trois parties. La première raconte l'histoire des seigneurs de Tenochtitlán ; la deuxième est la liste des impôts payés par plus de 400 villes à l'empereur Moctezuma 1er ;la troisième décrit la vie des Aztèques.
Les glyphes les plus souvent utilisés sont le signe de la parole disposé devant la bouche d'un personnage, les traces de pieds pour figurer le déplacement, ou un temple en flammes qui s'effondre pour signaler qu'une ville a été prise.
Le système de notation semble plutôt approximatif. En effet, il fonctionne comme une bande dessinée lorsqu'il s'agit de raconter une chronique, mais également comme une bande dessinée (les éléments du tribut) et comme un rébus (les noms de villes) quand il s'agit de tenir le compte des impôts. Il est cependant impossible de transcrire réellement une phrase, encore moins un poème, comme on peut le faire avec un alphabet.
Nul ne sait comment aurait pu évoluer ce système ultérieurement. Toujours est-il qu'à l'arrivée des Espagnols, les Aztèques ne sont encore qu'au balbutiement de l'écriture. Pour ce qui est des chiffres, ils n'en connaissaient pas l'usage et représentaient leurs caractères numériques par des figures symboliques.
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22 Avril 2006 à 16:33 dans
- Peuples disparus










waw comment vous savez tous sa
c est vraiment bien écri en plus c est un site super
je fait une élocution sur les aztèques et il y a des tonne d information ici c est super
Posté par val — 01 Mai 2006, 17:29
Pour ceux qui le veulent, je recommande la lecture d'Azteca de Gary Jennings.
Ce livre vous fais vivre les aventures d'un Aztèque avant et après l'arrivée des espagnols. l'auteur s'est énormément documenté, et nous fais vivre les coutumes et traditions.
A lire impérativement pour les curieux de la méso-amérique !
Posté par Eléa — 16 Juin 2006, 12:20